Matoub Lounes
Le poète assassiné. L'un des artistes les plus rebelles et les plus engagés du 20ème siècle, tombé sous les balles des terroristes le 25 juin 1998, demeure à jamais le porteur de flambeau de tous ceux qui gueulent de toutes leurs forces contre les oppressions. Quitte à en mourir.
Le 25 juin 1998, à 13 heures, la Mercedes de Lounès Matoub est arrêtée par un faux barrage sur une route de montagne. Coups de feu. Lounès Matoub est assassiné par le GIA (groupe islamiste armé), à quelques kilomètres de son village natal, Tawrit Musa, en plein cœur de la Kabylie. Depuis un moment déjà, le poète était la cible de menaces de plus en plus précises. En 1988, un gendarme lui avait tiré 5 balles dessus à l'aide d'une Kalachnikov (autant ne pas faire les choses à moitié). En 1994, le GIA l'avait enlevé mais l'avait relâché face à la mobilisation internationale. Au lieu de mettre un bémol, le musicien avait redoublé les déclarations fracassantes et les prises de position sans concession. Dénonçant les faux-semblants de manière tranchante, il était devenu l'idole des Algériens qui considéraient son franc-parler avec un mélange d'effroi et d'admiration. Portées par sa voix chaude et grave, ses chansons aux textes poétiques et lucides étaient de véritables armes au service de la démocratie et de la liberté. L'attentat qui foudroya le poète ressemblait à la chronique d'une mort annoncée. Lounès Matoub allait trop loin, parlait trop fort. Pourtant, son exécution plongea l'Algérie dans une sorte de stupeur hébétée. "Ils" avaient osé. En plein cœur de la Kabylie, dans le fief même du chanteur. Mais, même s'il a aujourd'hui la bouche pleine de terre, "Ils" n'ont pas réussi à le faire taire. Les chansons de Lounès Matoub continuent à narguer les intégristes de tous poils et à aider les autres à se tenir debout."Les seuls combats perdus d'avance sont les combats que l'on renonce à mener. Parce qu'un artiste ne meurt jamais".
Source: www.mondomix.com
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